Cinéma

Cosmopolis : une déconcertante descente aux enfers

© Stone Angels

« Pour certains, c’est génial, pour d’autres, c’est nul. » Le critique de TéléCinéObs résume bien les réactions que peut susciter ce film. Pour ma part, je ne savais pas trop quoi penser en sortant de la salle. C’est particulier, voilà ce qu’on peut dire.

Eric Packer (Robert Pattinson), golden boy de la haute finance qui semble être à la tête d’un empire – tout est très évasif – se réveille un matin avec une idée fixe : il veut aller chez le coiffeur. Or la situation de la ville est de plus en plus instable, alors qu’il la traverse dans sa limousine blanche : le président est en visite, des émeutes éclatent, et quelqu’un veut le tuer. Le jeune homme assiste tout au long du film avec une certaine indifférence à l’écroulement de son monde. Cosmopolis est adapté du roman de Don DeLillo.

C’est d’abord, bien sûr, une critique du capitalisme. « Avant, le temps faisait l’argent. Maintenant, c’est l’argent qui fait le temps. » C’est ce qu’énonce la « théoricienne » qui vient voir le héros pour, semble-t-il, donner du sens à tout le film. Mais ses phrases restent énigmatiques… Le film nous fait suivre la journée folle de celui qui est au sommet de ce système, et sa vie ne semble pas en avoir beaucoup, de sens. Si c’est comme ça, qu’est-ce que doit être la vie des autres, des 99% ?

Cosmopolis est une succession de rencontres qui font descendre Packer de plus en plus bas dans la « hiérarchie ». D’abord, il ne quitte pas sa limousine, puis il finit par en sortir. Néanmoins, tout le film se déroule dans une sorte de « bulle », d’abord circonscrite par la limousine, puis une bulle de solitude. Packer ne rencontre jamais beaucoup de monde, ne se fond pas dans la foule, se rend toujours dans des endroits calmes et isolés. Ce film ne vise pas à nous montrer Wall Street ou même le fonctionnement d’une entreprise qu’on ne verra pas, mais l’intériorité d’un personnage qu’il ne quitte pas d’une semelle pendant 24h.

Sarah Gadon dans le rôle de l’épouse indifférente de Packer – © Stone Angels

Le film se veut philosophique dans ses dialogues, mais n’en est pas moins prétentieux et ses scènes se succèdent sans lien logique, les personnages sortant de nulle part pour venir deviser de manière obscure avec le héros. Le scénario joue avec les situations et l’absurde. Aussi spécial que puisse être Cosmopolis, il est pourtant rempli de clichés qu’il tente apparemment de démonter sans grand succès.

Je n’ai donc pas aimé ce film, pour les raisons citées plus haut mais aussi parce qu’il est très froid. Alors que dans le bon A Dangerous Method, on apercevait l’humanité des personnages, ici elle a disparu, et j’ai toujours du mal à apprécier un film dont les protagonistes ne m’inspirent aucune sympathie. Packer est quelqu’un de cruel et d’autocentré, bien joué cela dit par Pattinson, qui ne semble jamais être affecté par quoi que ce soit.

Pour résumer : une déception.

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2 réflexions sur “Cosmopolis : une déconcertante descente aux enfers

  1. Assez d’accord sur le fait qu’on aime ou on aime pas. Impossible d’être dans la demi-mesure comme pour la plupart des films de Cronenberg.

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