Cinéma

Dark Shadows : où en est Tim ?

© Warner Bros.

Je dois dire que Tim Burton est mon réalisateur préféré. Voici ma critique tardive de son dernier film…

Fin du 18ème siècle. Barnabas Collins (Johnny Depp) est un vampire. Cette malédiction lui a été lancée par la sorcière Angelique Bouchard (Eva Green) après qu’il lui ait brisé le cœur en lui préférant une autre femme. Barnabas est aussi un homme riche dont la famille, venue de Liverpool, domine la ville de Collinsport, dans le Maine, en vendant du poisson. Après l’avoir transformé, Angelique l’a enterré, et ce n’est que dans les années 1970 que des ouvriers déterrent par hasard son cercueil. Barnabas retrouve ses descendants, qui occupent toujours le manoir familial, et découvre que le monde a bien changé en deux siècles…

Tim Burton se tourne donc pour la première fois vers le mythe du vampire, qui s’inscrit bien entendu très bien dans son univers, en adaptant une série des années 60-70 qui porte le même nom. Le film est réalisé efficacement, et le travail sur les costumes, en particulier celui de Johnny comme d’habitude, n’est pas mal du tout. Les décors, mélange de gothique et d’ambiance seventies, sont bien soignés. Enfin, il faut saluer le jeu des acteurs : Johnny Depp campe très bien son personnage aristocratique et étrange, et Eva Green est géniale en sorcière séductrice et impitoyable. On retrouve une belle palette d’acteurs fétiches de Tim comme Michelle Pfeiffer (la maîtresse de maison) et Helena Bonham Carter (la psy).

© Warner Bros.

Mais voilà, je n’ai pas été emballée. On ne retrouve pas l’émotion d’un Big Fish ou d’un Edward aux mains d’argent, ce petit quelque chose qui fait que je reste scotchée comme quand je suis sortie de la salle à la fin de Charlie et la Chocolaterie. Dark Shadows est pour moi dans la lignée d’Alice au pays des merveilles : un film très beau, impressionnant, mais grand public et qui ne me touche pas beaucoup.

Le grand nombre de personnages rend également le film confus, truffé de retournements et d’évènements superflus. J’ai eu du mal à voir la finalité de beaucoup d’éléments qui semblaient gratuits, comme ce qui arrive au docteur Hoffman ou la « situation » de Carolyn, révélée à la fin.

© Warner Bros.

Je suis assez d’accord avec la critique du Blog du Cinéma : ce film est un mélange des genres, entre comédie, film d’épouvante et mélodrame, et au final on ne sait plus trop quoi éprouver, si bien qu’on devient indifférent :

Faut-il rire ? Faut-il pleurer ? Faut-il avoir peur ? Le film ne répond pas aux questions, et le spectateur ne trouve pas les réponses. À force de naviguer entre deux eaux, on renonce à éprouver des émotions, et on se laisse sombrer dans l’extrême froideur de la dernière demi-heure. La faute à un montage incongru, se payant même le luxe de laisser débarquer un certain personnage dix minutes avant la fin. Comme un oubli qu’il fallait rattraper.

Cela dit, cela reste un divertissement, à voir pour les fans du réalisateur, qui a ses scènes sympathiques, et qui doit beaucoup à ses acteurs. Mais depuis quelques temps, les films burtoniens ont perdu pour moi de leur imprévisibilité et il semblerait qu’il fasse un peu trop ce que le public attend. J’attends maintenant Frankenweenie, sorte de retour aux sources prévu pour octobre, qui j’espère renouera un tant soit peu avec l’excellence d’un Etrange Noël de Monsieur Jack

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