Musique

Black City Parade d’Indochine : so(m)bre modernité

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Quatre ans après la sortie du réussi La République des Meteors, Indochine a sorti, ce lundi, son nouvel album, Black City Parade. Après plusieurs écoutes, je dois dire que j’apprécie cet album (salué unanimement par la critique et les fans), même si ce n’est pas leur meilleur.

Enregistré entre Paris, Tokyo, Bruxelles et Berlin, Black City Parade embrasse la thématique de la ville,  réelle ou imaginaire. De Traffic Girl, co-composé avec Lescop, qui s’inspire des jeunes filles en uniforme qui régulent le trafic à Pyongyang, à Belfast, hommage à Sylvia Plath aux synthés entraînants qui rappelle l’Indochine des années 80, on peut voir que l’univers urbain a été une source d’inspiration. L’atmosphère bétonnée et sombre de Berlin est particulièrement prégnante, même si pour Sirkis la capitale allemande montre que les villes, malgré tous leurs défauts, représentent l’avenir. Cela se sent dans les paroles (dans lesquelles on retrouve ce style unique à Nicola) avec l’utilisation fréquente du futur. « Dans chaque ville, de nuit comme de jour, c’est la parade de la comédie humaine, » confiait-il à l’hebdo Moustique.

L’album s’inscrit résolument dans l’air de son temps tout en reprenant des thèmes fétiches du groupe, comme l’homosexualité et l’identité sexuelle (College Boy) ou la religion (Le Messie). Le Fond de l’Air est Rouge, avec ses accents révolutionnaires, semble faire référence aux mouvements de 2011. Le style percutant des paroles de ce très bon morceau rappelle lui aussi l’Indochine des débuts. On sent également un peu de Dancetaria dans cet opus (Salomé). Les enregistrements qui ponctuent l’album, comme la lecture d’un poème de Mireille Havet par Valérie Rouzeau en ouverture, ajoutent une richesse et une originalité appréciables à son atmosphère industrielle, comme le faisaient les morceaux de musique traditionnelle chinoise dans Paradize.Indochine-Black-City-Parade-e1360591177560

Black City Parade n’est pas très rock, si on excepte les riffs entraînants de Nous Demain et le révolté Kill Nico, que les fans avaient déjà pu découvrir en tournée. Cela n’est pas nécessairement un problème, puisqu’il contient de très bons hymnes pop et new wave, et mise sur une sobriété élégante après les flamboyants trois albums précédents. Mention spéciale à la superbe balade en anglais The Lovers, composée par Tom Smith du groupe Editors (que je vous conseille). Mais certains morceaux auraient pu être plus courts, je pense en particulier à Memoria, qui, en tant que premier single, ne prend jamais réellement durant ses sept minutes. Les morceaux ne sont globalement pas aussi efficaces que ceux des albums précédents.

En dépit de son titre, c’est un album plutôt optimiste, moins provocateur. « Alors merci, merci de m’avoir choisi / Merci d’avoir cru tellement en moi / Aujourd’hui je suis devenu ce que je voulais, » chante Sirkis dans Wuppertal (du nom de la ville allemande où se déroule le film Les Rêves dansants), semblant s’adresser à ses fans. On ne peut donc s’empêcher de sentir des accents de maturité dans ce douzième LP d’un groupe à l’esprit toujours jeune.

Pour m’amuser et faire une petite rétrospective, je vous ai concocté une playlist de certains de mes morceaux préférés d’Indochine (dans l’ordre chronologique).

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