Cinéma

Oblivion : plaisant, mais pas transcendant

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Oblivion signe le retour de Joseph Kosinski, jeune réalisateur à qui on devait Tron : L’héritage. Mes sentiments vis-à-vis de ce film sont à peu près les mêmes que ceux que j’avais vis-à-vis de Tron. Je m’explique.

Oblivion est un film de science-fiction dont l’intrigue se déroule sur Terre en 2077, dans un environnement post-apocalyptique puisque 60 ans auparavant, la planète a été attaquée par des extraterrestres, les Chacals, et la guerre qui s’en est suivie a tout détruit, notamment du fait de l’utilisation de la bombe nucléaire et de la destruction de la Lune qui a déclenché des catastrophes naturelles. La Terre est à présent dévastée, recouverte de sable et de zones radioactives. Les hommes sont tous partis sur une colonie spatiale dans l’optique de s’installer sur Titan, l’un des satellites de Saturne. Ne restent que deux personnes, sorte d’équipe de nettoyage : Jack Harper (Tom Cruise) et Vika (Andrea Riseborough), et des centaines de drones chargés d’éliminer les Chacals restants. Le gros du travail de nos deux « héros » consiste à réparer lesdits drones. Alors que Vika se fait une joie de quitter bientôt la planète définitivement pour rejoindre les autres une fois leur travail accompli, Jack est beaucoup plus réticent à quitter sa planète, car il est hanté dans ses rêves par une mystérieuse femme (Olga Kurylenko) qui semble appartenir à son passé. Pourtant, leur mémoire a été effacée pour qu’ils ne révèlent pas d’informations compromettantes en cas de capture…

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Ouf, je ne pensais pas que le résumé serait aussi long. Le postulat de base d’Oblivion n’est donc pas inintéressant, mais ce qui frappe d’abord en regardant ce film, ce sont les images. Kosinski nous régale de plans d’une beauté époustouflante de ce paysage déserté et plus tard de l’espace, mais aussi d’engins et de robots esthétiques et convaincants. A cela s’ajoute une bande-son épique composée par M83 (après la superbe BO de Daft Punk pour Tron), même si malheureusement Anthony Gonzalez n’a pas bénéficié de toute la liberté qu’il aurait voulue avoir, d’où parfois des passages un peu trop classiques. Car en effet, les meilleurs morceaux sont ceux où on sent la patte M83. Le summum est bien entendu le morceau chanté par Susanne Sundfør, qui nous enchante au moment du générique de fin. Une bande-son qui est même finalement par moments trop bien pour ce qui se passe à l’écran (exemple : la scène de la piscine).

Je vous le dit tout de suite : si vous n’aimez pas Tom Cruise, n’allez pas voir ce film, qui est très centré sur son personnage. Non seulement il est omniprésent à l’écran, mais il va aussi être amené plus tard à l’être encore plus… vous comprendrez pourquoi en voyant le film. Sinon, tant mieux, parce qu’il est toujours aussi beau bien qu’il ait atteint la cinquantaine. Son jeu est également convaincant, ainsi que celui du reste du casting : Andrea Riseborough est froide à souhait, presque robotique, tout comme Melissa Leo (Sally, qui supervise l’équipe depuis la colonie), la jolie Olga Kurylenko est touchante et on ne dira pas non à Morgan Freeman et à Nikolaj Coster-Waldau.Malheureusement, je n’ai pas pu voir ce film en VO pour profiter de leurs voix.

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Oblivion n’a rien de révolutionnaire, et ne marquera pas l’histoire du cinéma de science-fiction. L’intrigue est plutôt bien construite et menée, nous offre de belles scènes, mais souffre d’incohérences et est parfois un peu confuse. Elle souffre de longueurs, surtout dues à un certain plaisir que semble prendre Kosinski à filmer les balades solitaires du héros dans cet environnement post-apocalyptique : une demi-heure en moins sur les deux heures n’aurait pas fait de mal. Surtout, c’est le fond qui pose problème : en sortant de la salle, on ne peut que constater que cet univers manque de sens et de substance, et que le film est un peu trop naïf et manque de subtilité. La grande explication finale aurait elle-même besoin d’être expliquée. Le film repose trop sur la romance, et pas assez sur son potentiel dystopique. Mais c’est un bon divertissement, et, comme Tron, une expérience visuelle et auditive très plaisante, à faire en salle. J’attends encore de voir ce réalisateur nous livrer des films dont le fond est aussi réussi que la forme.

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