Cinéma

Le Vent se lève : un dernier envol réussi

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Le Vent se lève devrait être le dernier long-métrage de Hayao Miyazaki, qui nous avait enchantés avec de nombreux autres films (dont il me reste quelques uns à regarder), un peu compliqués à dénombrer selon que l’on prend en considération la réalisation ou le scénario. Je ne regarde pas assez de films d’animations en ce moment, alors pour bousculer un peu mes habitudes (et parce que ça vaut le coup), je suis allée voir celui-là dès le jour de sa sortie.

Se déroulant pendant la première partie du XXème siècle, Le Vent se lève raconte le parcours de Jiro, un jeune Japonais dont le rêve est de concevoir de beaux avions, à défaut de pouvoir les piloter en raison de sa myopie. C’est le premier film de Miyazaki qui s’inscrit dans un contexte aussi précis, puisque l’histoire passe en revue des épisodes de l’histoire japonaise tels que le séisme de Kanto en 1923 durant lequel le héros rencontre l’amour de sa vie Naoko, ou la Seconde Guerre mondiale à laquelle Jiro participe à contrecœur en fabriquant des bombardiers. Cela, et le ton général du film, lui confèrent une certaine maturité comparé aux autres films du réalisateur.

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Cela dit, Le Vent se lève garde l’atmosphère onirique, l’omniprésence de la nature, et la poésie auquel il nous a habitués. Le film est notamment émaillé des rêves de Jiro, où celui-ci interagit avec son idole, l’ingénieur italien Giovanni Caproni. Le thème de l’aviation est encore omniprésent, comme c’était le cas dans Porco Rosso. Mais le vol et le vent (personnage à part entière du film) semblent fasciner Miyazaki de manière générale (Le Château dans le ciel, Nausicaa de la vallée du vent…), et Jiro est ici une sorte d’alter-égo du réalisateur, son mentor italien lui disant vers la fin du film qu’après dix ans de travail, il est temps de vivre.

« Le vent se lève, il faut tenter de vivre », cette citation de Paul Valéry avait été reprise par un romancier, Tatsui Hori, qui a en partie inspiré le personnage principal. Elle est dite en français par Jiro et Naoko. Car le film est plurilinguiste : on y entend aussi de l’italien et de l’allemand. Le film est teinté d’un mélange de mélancolie et d’optimisme, illustrant très bien le message de cette phrase en nous présentant des personnages qui tentent d’être heureux malgré la guerre et la maladie.

L’animation toujours aussi soignée, les couleurs éclatantes et la musique de l’habituel Joe Hisaishi sont toujours aussi appréciables, en particulier le caractère artisanal de la bonne vieille 2D et des bruitages à la bouche. Le Vent se lève n’est indéniablement pas mon préféré de Miyazaki dans son univers, mais c’est un très beau film. A ne pas manquer.

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